HOUELLEBECQ Michel (2010), La carte et le territoire, Paris : Flammarion


Je ne connais pas Houellebeck. Je n’ai jamais lu Les particules élémentaires ou Plateforme. Je n’avais aucune idée de ce que je trouverais dans ce roman.

Le titre m’intriguait assez. J’utilise moi-même la métaphore de la carte routière dans mes cours pour faire comprendre à mes étudiants et étudiantes l’écart qui se creuse entre la réalité que l’on souhaite connaître et l’image que l’on construit de cette réalité par l’isolement de certaines de ses caractéristiques transposables d’une situation à l’autre. Je ne suis pas un critique littéraire. Je ne pourrais donc pas dire quel est le rapport entre ce titre et l’histoire développée par Hoellebeck dans son roman.
Pourtant, au-delà du titre, cet ouvrage est bien dominé par une critique de l’objet industriel, par un effort d’élucidation du processus de normalisation et d’acculturation auquel contribuent les objets industriels.
Pour s’en convaincre, il faut lire les pages 160 à 164 dans lesquelles Houellebecq raconte comment Jed Martin, le personnage principal du roman, prend en main l’appareil-photo numérique qu’il vient de se procurer. Pièce d’anthologie pour quiconque s’intéresse au pouvoir et aux responsabilités des designers, ce passage offre une analyse littéraire succinte, mais fort évocatrice de la documentation technique accompagnant ce genre de produits de grande consommation, ainsi qu’un commentaire lucide sur la normativité insidieuse que le design de tels produits introduit dans nos vies.
On y trouvera également une longue présentation de William Morris, un propos sur l’obsolescence programmée, une ode au savoir-faire industriel, une dénonciation du projet de Le Corbusier, etc.

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